Published December 12, 1994 | Version v1
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A not-so-nuclear power plant: territorial claims and identity processes as related to the setting up of a nuclear power plant in Braud-et-Saint Louis (Blayais, South-Western France)

Description

When in 1974 the decision was taken to build a power station, the parish of BSL is characterised as follows. Its ecosystem is made of two complementary biotopes: marshes and land. Its history is marked by big capitalistic projects such as the drain of the marshes in the 17. century. The inhabitants' social identity is inherited from the first settlers, who were and still are Gabayes that is 'strangers' in Gasconny. The idea of complementarity is also found in the ways of life, in social organisation and in political philosophy based on what seems to be a consensus. The inhabitants of Braud do not perceive the power station as something fundamentally dangerous nor as being symbolic of some state decree, but as a new element to be integrated in their everyday life. The station is the subject of two different sets of ideas related to two different groups of speakers whose positions within the community are antagonist. As a result their respective territorial claims and identity processes also differ even though both groups act according to a shared cultural element: their territory, basis on their identity. One group tries to maintain their rights to this territory while the other, the leading citizens, are using the station as a means of access to another more valorized territory, society at large. (author)

Abstract (French)

L'implantation d'une centrale nucleaire ne suscite pas inevitablement la mobilisation. D'une part, l'action collective n'est pas la seule maniere de signifier son opposition; d'autre part, le refus categorique n'est pas la seule reaction possible a l'installation d'un tel equipement. En 1974, date de la decision de la construction d'une centrale nucleaire, Braud - et - Saint Louis compte 991 habitants qui se consacrent, en majorite, a une agriculture extensive, mise en oeuvre sur de petites exploitations morcelees. La commune se caracterise par un ecosysteme constitue de deux biotopes complementaires: le marais et la 'terre ferme', une histoire marquee par une grande operation capitalistique: le dessechement du marais au XVIIeme siecle, et par une identite sociale fortement dependante d'une immigration originelle qui fait des habitants les Gabayes, des etrangers en terre gasconne. Les Braudiers ont repris a leur compte cette identite attribuee par l'exterieur qui en fait des 'arrieres', reflet du milieu peu valorise dans lequel ils vivent. Cependant, ils y ajoutent une identite pour eux-memes qui consacre l'entre-soi et suppose un droit inalienable au territoire. Cet ecosysteme particulier, base sur la complementarite de deux biotopes, influence egalement des modes de vie, une organisation sociale et une philosophie politique basee sur un consensus apparent. Les Braudiers ne voient dans la centrale nucleaire ni un objet intrinsequement dangereux, ni le symbole d'une decision etatique arbitraire, mais un element nouveau qu'il faudra integrer a leur quotidien. Ils s'attachent davantage a son aspect 'centrale' qu'a son aspect 'nucleaire'. Et c'est sur ce premier point que leurs avis divergent. Les conceptions indigenes de la centrale reposent sur deux discours tenus par deux groupes de locuteurs distincts. Les 'Decus', en majorite des agriculteurs, expriment leur frustration relative, considerent qu'ils ne sont pas les principaux beneficiaires de l'implantation, mais qu'ils ont a en subir les perturbations, notamment la circulation. Les 'Entrepreneurs', eux, sont des notables. Leurs exploitations sont viables et seront reprises par leurs ascendants. Mais surtout, ils sont membres du conseil municipal et participent a la gestion de cette manne faramineuse que constituent les apports fiscaux (taxe professionnelle et foncier bati). Ils realisent ainsi une 'oeuvre' qui modifie l'image de la commune et en fait un pole privilegie dans le Blayais. Cependant, ces deux discours ne sont pas irremediablement opposes. Ces deux groupes de locuteurs pensent et agissent en fonction d'un element culturel commun: leur territoire, defini comme 'un espace concret ou abstrait ou l'on exerce un droit' (Goffman, 1973). Ce territoire est le support d'un sentiment d'appartenance et constitue, en retour, l'un des elements forts de la construction identitaire (Dubar, 1992) des individus. Ce sont donc des effets de position c'est-a-dire des effets de perspective, qui expliqueraient pourquoi les acteurs construisent differemment leur realite, en fonction de la position qu'ils occupent dans la collectivite, mais autour d'un meme element. Ces differentes definitions de la situation donnent lieu a des revendications territoriales et a des processus identitaires differents. Les uns tentent de preserver leur droit a ce territoire (le seul dont ils disposent), alors que les autres, les notables, ont fait de la centrale, un moyen d'acceder a un autre territoire, plus valorise, la societe globale. Ces derniers ne sont plus desormais les notables du 'bout du monde' mais peuvent pretendre a une reconnaissance de l'oeuvre qu'ils ont realisee sur la commune. (auteur)

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Original title (French)
Une centrale pas tres... nucleaire. Revendications territoriales et processus identitaires lors de l'implantation de la centrale nucleaire du Blayais a Braud-et-Saint Louis

Publishing Information

Imprint Pagination
495 p.
Report number
FRNC-TH--10536

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Notes
153 refs.; Available from the INIS Liaison Officer for France, see the INIS website for current contact and E-mail addresses